La République démocratique du Congo abrite plus de 60 millions d’habitants, la deuxième forêt tropicale humide la plus grande du monde et des ressources minérales importantes. La Banque mondiale s’y est engagée à accorder des prêts qui s’élèvent à plus de 3 milliards de dollars en mettant un accent inquiétant sur les secteurs des ressources naturelles dont les mines et l’exploitation du bois.

La RDC compte neuf pays voisins, fait qui a joué sur sa situation politique et économique avec des retombées sur toute l'Afrique centrale. Emergeant des guerres de 1996-97 et de 1998-2003, certaines contrées de la RDC subissent encore de violents conflits et l`insécurité malgré la signature de des accords de paix et l’élection en décembre 2006 du Président Joseph Kabila.
La communauté de bailleurs internationaux, avec en tête la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, a regagné la RDC en 2001, apportant un soutien financier et politique au cours de la période d’incertitude que fut la transition. Dès lors, la Banque mondiale s’est engagée à accorder plus de trois milliards de dollars à la RDC, sous forme de prêts et de subventions. En favorisant des investissements dans le secteur des ressources naturelles, force motrice de la croissance économique, la Banque mondiale a suscité des inquiétudes. .
La Banque Mondiale a appuyé la révision de tous les codes des mines, des forêts et d’investissements ainsi que la restructuration des sociétés étatiques minières et de service public dans le but d’accroitre la participation du secteur privé dans l’extraction de ressources, la production et la distribution de l’hydroélectricité. Or, en l’absence de la capacité de l’Etat de surveiller, d’atténuer et de gérer l’impact de ces investissements, le pays est déchiqueté par des sociétés de mines et d’exploitation du bois, qui ne s’intéressent guère aux avantages dus à la population congolaise, aux droits des communautés locales voire la protection de l’environnement. Derrière ces transactions de taille, se retranchent intérêts politiques et économiques importants.
Le BIC surveille le portefeuille de la Banque mondiale en RDC avec une attention particulière à son implication dans les secteurs miniers, forestiers et énergétiques. Le BIC œuvre en partenariat avec maintes associations exerçant dans les domaines de l’environnement et des droits humains ainsi que des associations de base en RDC dans le but de renforcer leur influence concernant les décisions prises dans le cadre du développement, lesquels jouent sur la population et sur l’environnement. En avril 2006, le personnel du BIC a effectué une visite de terrain en RDC pour mieux saisir l’impact des opérations du Groupe de la Banque mondiale dans le pays. Le BIC continue de fournir des informations et l’appui aux associations de la société civile congolaise qui cherchent à protéger et à promouvoir leurs droits sociaux, environnementaux et économiques, dans le contexte des opérations menées par les IFI dans leur pays.